Au fil du Nil

Au début tout oscille, lorsque j'arrive ce mardi matin sur le Steam Ship Sudan, je découvre un Nil légèrement agité, des petits remous se forment, laissant penser que le vent est présent en ces lieux. Rien ne semble pourtant troubler ses eaux, d'une beauté exquise.
À ce moment-là on ne sait pas encore, on imagine que le voyage sera beau, sans trop savoir à quoi s'attendre.

Tout le monde connaît le Nil, ou en a plus ou moins entendu parler dans sa vie. Ce fleuve, qui est le plus long du monde, a quelque chose de mystique, on l'imagine peuplé de crocodiles, des felouques voguant le long de ses eaux limpides, longeant des rives verdoyantes parfois entourées de dunes. La réalité n'est pas bien loin de ce tableau, à quelques exceptions près.
Au début de notre navigation, les paysages se suivent et se ressemblent, de nombreuses palmeraies, des maisons, jamais terminées pour 99% d'entre elles, des paysans, s'affairant à leurs tâches quotidiennes, nous assistons à de jolies scènes de vie.
Louxor se fait de plus en plus loin, nous descendons tranquillement le pays, portés par les eaux de ce Nil somptueux.

Et puis chaque soir, nous avons droit à des couchers de soleil incroyables, plus beaux les uns que les autres. Du bleu du jour, transformé par une brume épaisse faisant disparaître le soleil et nous laissant dans une certaine frustration... au rose-orangé, virant au rouge flamboyant, réapparaissant dans un ciel intégralement de feu. On assiste chaque soir à ce magnifique spectacle, qui nous en met plein la vue et nous laisse rêveurs... simplement admirer et rester béât devant tant de beauté.

Esna, Edfou, Kom Ômbo... le bateau remonte peu à peu le Nil. Les paysages changent au fur et à mesure de notre croisière, nous croisons de nombreux animaux, mais aussi des populations vivant aux abords du fleuve, ou encore des pêcheurs... 

L'après-midi se déroule tranquillement au rythme de la navigation, quelque fois des enfants nous interpellent, des gens nous font coucou, on assiste aussi à des scènes improbables, comme ce Monsieur qui donne le bain à son cheval... on sent chez lui une certaine pudeur, une gêne quand il réalise que nous le regardons, il y a là un certain retrait de sa part, puis il reprend ses gestes une fois le bateau passé. C'est assez étrange, on a le sentiment à la fois d'épier, et d'être épiés. Nous entrons dans le quotidien de ces personnes, sans y être invités, on trouble leur présent, on assiste à des moments de vies, comme si on vivait nous aussi avec eux, nous sommes un passage dans leur quotidien, tout comme ils sont un plan animé dans le nôtre. 

La fin du voyage se fait sentir, les paysages deviennent plus jaunes, plus chauds, plus désertiques. Assouan n'est plus très loin. La population se fait plus colorée, nous ne sommes pas loin de la Nubie. Ce sera l'arrêt de notre croisière, mais pas la fin du Nil. 

Pour la petite histoire, et pour imager un peu l'histoire complexe de  l'Égypte Antique, bien que nous ayons descendu le pays selon une carte traditionnelle, nous avons pourtant remonté le Nil et l'Égypte. L'Égypte se définit essentiellement par rapport au Nilfleuve sacré apportant la vie en fertilisant la terre en garantissant l'abondance. Mais dans l'Égypte Antique, les anciens considéraient l'existence de deux terres distinctes, à savoir la Basse et la Haute-Égypte. La première étant donc « basse » en raison de l'écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, plus bas), et inversement pour la seconde. Le Nil quant à lui, a en réalité deux affluents : le Nil Blanc, originaire du Lac Victoria en Ouganda, et le Nil Bleu, originaire du Lac Tana en Ethiopie. Tous deux se rejoignent à Khartoum pour former le Nil que l'on connaît, remontant le pays pour aller se jeter dans la Mer Méditerranée. 
Si vous arrivez encore à me suivre à ce niveau-là et que vous n'avez pas encore fermer le blog je vous en félicite ;)

Des palmeraies verdoyantes aux plateaux désertiques, en passant par des plaines aux allures irlandaises , les paysages parfois déroutants nous donnent l'impression de voyager à travers une carte postale, changeante au fil des heures. Pour finir sur une touche chaleureuse, nous terminons notre croisière sur le Nil à la frontière avec le Soudan marquée par la région de la Nubie. Ici tout n'est que vert et jaune-orangé. Le désert se mêle à l'eau du fleuve en parfaite harmonie, et bien que les lieux paraissent désertiques, ils sont bien animés puisque vivent ici pas moins de 250 000 habitants dans la ville d'Assouan... 
La palette de couleurs nous laisse dans une rêverie et prolonge la douceur de cette croisière jusqu'à son dernier instant.

Merci à Voyageurs du Monde et surtout à la merveilleuse équipe du Steam Ship Sudan, pour avoir fait de cette semaine un rêve éveillé.
Retrouvez tous mes articles concernant l'Egypte ici.

Informations & réservations :
Steam Ship Sudan - La Dynastique
 
www.steam-ship-sudan.com


Padoune

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