De la magie, du talent, et de l'amour... À toi Julie.

Il y a d'abord eu le choc.
À la lecture de ces mots « Julie n'est plus ».
L'incompréhension, le questionnement. Un bourdonnement que l'on ne comprend pas.

J'ai eu beau lire ces mots, je n'arrivais pas à les interpréter. Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Est-ce une mauvaise blague ? Une illusion ?

Non, rien de tout cela. Rien n'est plus vrai que ce que je suis entrain de lire et qui ne parvient à traverser mon esprit pour le ressentir. Tout cela est irréel.

Puis vient la tristesse du choc, inévitable. Et les larmes qui coulent. À flot. Un dimanche après-midi, dernier jour de l'année, un dimanche paisible où l'on n'attendait qu'une chose, entériner l'année passée et ouvrir la porte à 2018. Mais comment finir l'année paisiblement après cette nouvelle chaotique ?

Je ne peux retenir mes larmes, ce soir je pleure et j'ai l'impression que mon monde s'effondre, j'ai l'impression d'avoir perdu une amie.
Une amie par écrans interposés. Voilà ce qu'elle m'était.
Je suis abasourdie, je me sens profondément triste et bouleversée.

Julie fait partie de ces personnes rencontrées il y a quelques années sur le web, avec laquelle s'est créée, au fil des années, une jolie complicité.
C'est la personne qui m'a donnée l'envie d'écrire, d'ouvrir mon blog.

Nos derniers échanges datent du printemps, à l'aube de sa nouvelle vie de maman, j'étais loin de me douter qu'il s'agissait là de nos derniers mots. Je pensais son silence dû à son nouveau bonheur, innocemment.

 
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Plus qu'une simple blogueuse, elle était magicienne, talentueuse de par ses mots et son talent pour la photographie, souvent copiée jamais égalée, des ersatz d'elle ont souvent jaillis sur la toile, elle était le modèle de tous ceux qui aimaient le voyage et la photo. Moi la première, et je le lui disais souvent, c'était mon idole (tu exagères, me répondait-elle humblement). Et non, je n'exagérais pas.

Je n'ai jamais autant rêvé que par le biais de ses articles, que par le prisme de ses objectifs, et de ses histoires toujours si bien ficelées qu'elle nous embarquait avec elle aux quatre coins du monde, même dans des contrées que l'on ne souhaitait pas toujours connaître.

Nous discutions souvent depuis plusieurs années, nous avions la même sensibilité artistique, nous échangions sur notre passion, nos coups de gueules, nos coups de cœurs. Souvent, j'ai voulu croisé sa route, j'ai essayé de créer des occasions, mais cela n'a pas marché, nous étions chacune prises dans nos mondes et nos quotidiens. Mais aujourd'hui je le regrette. On devrait TOUT faire pour voir les gens que l'on aime.
Mon plus grand regret est de ne jamais l'avoir rencontrée, en vrai.

Elle m'était d'une grande aide, d'une écoute improbable, mais surtout elle me faisait avoir confiance en moi, en mon travail. Elle me poussait et me complimentait, chose que je ne comprenais pas, tant je l'admirais et me trouvais nullissime, à moindre mesure, soit six pieds sous terre comparée à elle.

Mais elle m'aimait bien, et elle aimait mon blog, me le disais souvent, même si je n'y croyais pas. Et c'était ma plus grande fierté, je crois.
Être appréciée par des gens que l'on admire, n'est-ce pas la chose la plus valorisante qui soit ?

 

Bribes de conversations ❤

 

Julie était drôle, positive, cultivée, et engagée. Elle détestait la malhonnêteté, la prétention, elle-même étant timide, d'une humilité à toute épreuve. Elle s'enjouait de tout, ce qui pour moi est la définition propre du bonheur. Mais sa plus grande force, c'était sa passion.

Rarement je n'ai rencontrée de gens dans ma vie si passionnés. Passionnée par le monde, qu'elle dépeignait par ses textes, ses images. Passionnée par la vie, dont elle appréciait chaque instant. Passionnée par les mots, qu'elle maniait avec dextérité. Passionnée par la photographie, que ses clichés retranscrivaient avec grâce.

Perfectionniste à souhait, son blog retrace sa singularité et son travail avec ingéniosité. Il ne se lit pas, il se savoure, même lorsque l'on n'envisage pas de partir quelque part, il émerveille et donne avant tout à découvrir des lieux dans un assemblage poétique et visuel qu'elle-seule savait composer.

Reine des cadratins, elle avait toujours la référence littéraire qui collait à ses aventures. Du style, des belles valeurs et du respect pour autrui.
Décalée, vintage, mais toujours avant-gardiste, elle savait mélanger les genres comme personne, alliant modernité et tradition pour nous faire vivre des voyages à travers des carnets hors du commun.

Dans notre monde contemporain, je n'avais que deux vraies idoles, deux belles âmes, bienveillantes, bien au-delà des mots. Jean d'Ormesson et Julie Sarperi nous ont quittés en ce mois de décembre 2017. De la peine pour l'un, rapidement atténuée par la sagesse de ses derniers mots de nonagénaire. Et qu'il en va ainsi de la vie.
Mais plus difficile est ma consolation pour cette dernière, maman depuis peu, dans la fleur de l'âge, incompréhensible départ qui meurtrit mon cœur. Je ne suis que peine. Tous les mots de la Terre ne pourraient définir ô combien je reste inconsolable. Comme bien d'autres qui l'aimaient tant. Et bien plus.

Et je pense à sa famille, ses proches, Renaud & Louise, à ce chagrin incommensurable qu'ils doivent éprouver, à la vie qu'ils doivent continuer de mener.

Je ne sais de quoi l'avenir sera fait, mais je sais une chose, rien ne sera jamais plus pareil sans cette belle artiste.
— Je continuerai d'ouvrir les pages de ton bel ouvrage, tel un recueil sans fin. Je continuerai de rêver à travers tes mots, tes si belles photos. Je continuerai à me dire que tu as trop de talent(s). Et qu'en plus de ça tu es trop gentille et attentionnée. Je continuerai à coller tes stickers à travers le monde. Je continuerai à pleurer, ou rigoler lorsque je verrais mon nom cité dans un de tes articles, comme un clin d’œil que tu me fais, de là-haut. Je continuerai à inciter les gens à te lire, car ton œuvre est légitime et ne mourra jamais. Tout comme toi, Julie.

Il y aura toujours un peu de toi dans nos voyages, dans nos photographies, et dans nos mots. Toi qui nous as tant inspirés. Tant fait fantasmés. De là-haut, tu sèmes les étoiles que l'on suivra désormais sur nos routes.


Certains diront que ce n'est qu'exagération, paroles. D'aucun ne sait ce que les sentiments les plus purs, peuvent réaliser.