Bali : les plages du Sud, Tanah Lot et Uluwatu

Au premier abord il y a le trafic, bourdonnement incessant de motos, enseignes de renommée internationale, plages de surf, hôtels de luxe, bars à la mode, le premier regard porté sur Bali en atterrissant dans le Sud est-il celui d'un voyage nauséabond, ou cela cache t-il la vraie beauté de l'île ? Celle que l'on ne peut découvrir que si l'on ose s'y intéresser, s'y aventurer...

Kuta, Seminyak, Legian

Pour une première approche de l'Asie, on débarque fraichement par un vol de nuit de Singapour sous un bel orage, l'aéroport de Denpasar s'ouvre sur une horde de taxis, nous vantant chacun leurs mérites, une fleur de frangipani déposée sur mon oreille et me voilà fin prête au voyage.
Accrochée à la poignée de la portière, à l'arrière du taxi, je me demande, crispée, où j'ai bien pu atterrir... la voiture se faufile, comme dans un jeu de playstation, au milieu d'une circulation sans queue ni tête, à vive allure, frôlant les poules sur son passage... Les motos, les voitures, les bémos s'entrecroisent habilement et je reste bouche bée devant ce spectacle si particulier... Pour une première expérience, ça secoue!

Nous profitons de nos trois premiers jours pour explorer le sud de l'île, avant que le dépaysement ne soit total.
Kuta, Seminyak et Legian pourraient ne former qu'une seule ville, puisque les trois localités s'étendent le long d'une grande plage, et font fi de n'être qu'une !

On se balade au hasard des ruelles, on observe les plages de loin, bondées de surfeurs australiens et de vendeurs ambulants, on goûte nos premiers mie gorengs et l'on s'esclaffe d'avoir omis de demander des plats non épicés. Plus tard dans la journée, on fera la rencontre de notre voyage, un taxi comme on en trouve à tous les coins de rue, mais celui-ci est particulier, il arrivera avec son humour et son insistance à nous convaincre de nous conduire le lendemain jusqu'à Uluwatu.

Les premiers instants ici sont assez particuliers, pour ne pas dire déroutants. À la fois charmée et confuse, je déambule dans les ruelles de Seminyak à la recherche d'une bonne adresse pour y dormir les nuits suivantes. Exercice de négociation difficile, au vu du succès de la micro-région, on finit par se poser à l'Ananta Legian Hotel, un peu par dépit et surtout par fatigue. Nous en avons eu marre de perdre notre journée à écumer les logements...

De nombreuses boutiques ont l'air d'avoir pointé leur nez dans le seul but de satisfaire les touristes, on a droit à de nombreux gadgets et souvenirs similaires dans chacune d'entre elles. On passera rapidement notre tour.

La culture y est aseptisée, on trouve ici quasiment plus de touristes que de locaux, parfois, au détour d'un chemin, on rencontre une dame allant déposer ses offrandes au temple d'à côté. Il faut s'infiltrer dans des ruelles méconnues, se perdre à contre-courant pour retrouver les valeurs et la vraie vie balinaise.

Les stations balnéaires que représentent Kuta, Legian & Semyniak sont la résultante d'un tourisme jeune, en quête du beau et de la fiesta à gogo.
L'animation h24 de ses ruelles et ses plages aux vagues déferlantes, laisse accroître une mini ville de quelques kilomètres qui se modernise sans grand intérêt. De grandes enseignes ont vu le jour entre Denpasar et la côte, et on ne comprend pas bien le sens de ces constructions massives écrasant le patrimoine balinais au profit d'énormes complexes hôteliers de luxe et autres Mc Donalds.

La bruyante Kuta fait grand silence à la nuit tombée pour renaître de ses cendres au petit jour. De ces soirées endiablées où les cerfs volants ont gentiment côtoyés les coussins de plages colorés ne restent que les auspices d'un jour nouveau.

Ce que j'ai le plus apprécié dans le Sud de Bali, ce sont ces adresses branchées où l'on mange sain et coloré, où l'on trinque nos Bintang face à l'océan et ses merveilleux couchers de soleil, où l'on a à portée de main des adresses plus chouettes que chez soi et dont on jalouse secrètement l'existence.

La Péninsule de Bukit

Deuxième journée sur l'île de Bali, on quitte l'hôtel pour l'extrême sud de l'île, dénommé la Péninsule de Bukit, au programme : découverte du site d'Uluwatu, et balade à scooter dans les environs.

Notre gentil taxi Kiki Jaya, rencontré la veille à Legian, nous y conduit dans son tacot qui lui sert de véhicule de fonction, un vrai moment de franche rigolade, cet homme est une vraie pépite, et ce n'est que le début d'une belle aventure avec lui qui commence.

Réputée pour ses superbes vagues, des surfeurs y viennent du monde entier s'essayer à l'activité dans des eaux plus bleues qu'ailleurs sur l'île.
On passera la journée en scooter, afin de découvrir en toute liberté les merveilles de la côte ouest de la péninsule.

C'est ici que le voyage olfactif prendra son envol. Jusqu'à présent, nous étions simplement confrontés à la fleur de frangipani mélangée à de l'encens et aux différents parfums délivrés par les offrandes. Mais nous allions aller plus loin aujourd'hui, avec la rencontre de la première bizarrerie asiatique : le durian et son odeur reconnaissable au milieu de mille autres.

Après avoir loué un scooter et fait le plein dans un warung en bordure de route, nous partons en promenade à la découverte de l'extrême sud de la péninsule. En route pour visiter le temple Pura Luhur Ulu Watu, après s'être acquittés de 20 000 roupies pour l'entrée et le sarong qui couvrira nos jambes, nous pénétrons dans ce lieu magique.

Juché sur un promontoire, au sommet d'une falaise, le sanctuaire est uniquement autorisé aux fidèles, tout autour de nombreux singes font des farces aux touristes, pendant que les locaux se rendent inlassablement, offrandes sur la tête, jusqu'au temple dédié aux esprits de la mer.

On poursuit notre balade en remontant la côte ouest d'Uluwatu jusqu'à Jimbaran. On cherchera en vain le Single Fin et sa vue incroyable sur les vagues de l'océan indien. Il faut avouer qu'il n'est pas évident de s'y retrouver sur les routes balinaises, même quand on connaît une adresse on se retrouve vite désorientés et perdus, et l'aide des locaux qui ne comprennent pas un mot à ce que vous racontez mais veulent quand même vous faire plaisir ne facilite pas la tâche, plusieurs fois nous avons tourné en rond tant les lieux se ressemblent.

On découvre ensuite la superbe plage de Padang-Padang, subtil mélange d'eau placide et tempétueuse. Ultra-populaire, elle apparaît ce jour-là assez calme, son côté sauvage et sa douceur frivole m'ont plu, je me suis perdue dans ses dégradés de bleus, me laissant aller à de multiples chimères. Mais nous ne nous y attarderons pas, on retourne sur les routes, à la rencontre de locaux et de bonnes adresses.

Il faut savoir que la partie occidentale de la péninsule confère une ambiance plus bohème que le reste de l'île, les falaises sont bordées de bars où l'on sirote des cocktails, l'ambiance lounge se transforme petit à petit au coucher du soleil pour devenir plus intense à la nuit tombée.

En fin de journée, Kiki Jaya notre désormais ami balinais viendra nous chercher pour nous ramener à Legian. Ce fut une journée riche culturellement parlant, et une première belle découverte de Bali.

Tanah Lot

Le lendemain matin, nous prenons la route en direction de l'ouest de Seminyak, sur notre chemin les paysages verdoyants se multiplient et les premières rizières s'offrent à nous.

On entre enfin dans le vif du sujet, les paysages se diversifient et la population se fait plus présente que dans le sud à proprement parlé, on comprend déjà que cette journée sera plaisante et riche en découvertes.

Une quarantaine de minutes plus tard, nous voici devant l'entrée d'un des plus importants temples de la mer : le Pura Tanah Lot.

Construit sur une roche et entouré par la mer, ce temple est consacré au Dieu de la mer. Accessible à marée basse, il est l'un des temples que j'ai le plus aimé durant mon séjour. Sa spécificité le rend unique et la magie opère dès lors que l'on entre dans ses murs.

On peut y voir allègrement la préparation des offrandes, et la population qui met son cœur à l'ouvrage, comme pour chaque cérémonie.

On ressent ce frisson, cette religion qui les unit avec force, ces croyances qui leur apporte chaque jour quiétude et sérénité, on se sent voyeurs, mais ils nous invitent chaleureusement à partager ces moments avec eux, comme un des leurs. On se sent important et ils nous le rendent bien.

On poursuit la visite du site et l'on découvre une cérémonie de crémation, plus loin. L'heure est grave, le ton est donné au son des gangsa. Imperturbables, les joueurs exécutent à l'unisson, d'un air totalement impassible, la mélodie plutôt rythmée pour l'occasion.

C'est ici que l'on commence à comprendre l'importance des rites, des traditions et de la religion hindouiste tellement prenante sur cette île.

L'artisanat a sa place au sein de l'enceinte, plusieurs échoppes permettent l'achat de quelques souvenirs, et la découverte de différents savoir-faire.

De son atmosphère particulière, on retiendra l'empreinte mystique de ce lieu, littéralement "le temple de la terre et de la mer", ainsi que la puissance des vagues qui peuvent à tout moment venir s'éclater contre les parois rocheuses. La beauté de ce site attire bon nombre de touristes, et la réputation de ses couchers de soleil y est certainement pour quelque chose, du coup on est bien contents d'y être venus le matin relativement tôt.

Sur le chemin du retour, on goûte une nouvelle spécialité sucrée : le klepon (ou kelopon), une petite douceur sucrée, fabriquée à partir de farine de riz, fourrée de sucre brun et enrobée de noix de coco râpée.
Un vrai délice et notre dessert coup de cœur du voyage !

La journée touche à sa fin sur les plages de Seminyak, le coucher de soleil nous surprend une fois de plus à Double Six Beach, on profitera de cette dernière soirée dans le sud pour flâner avant que l'aventure ne prenne vraiment forme, en entrant dès le lendemain dans l'intérieur des terres.


Padoune

Corsica, 28 Avenue du Mont Thabor, Ajaccio, Corse, 20090, France