Riomaggiore, Cinque Terre

Première étape de mon séjour en Ligurie, premier village, premières découvertes, premiers émois.

Cette photo, c'est un peu l'image que j'en avais. De la couleur, des maisons accrochées les unes aux autres, de la roche et une mer foncée qui vient s'y confronter avec virulence.
Riomaggiore est l'un de ces villages pour lesquels on s'éprend rapidement. D'abord par sa forme originale, puis par ses couleurs flamboyantes qui attirent l’œil dans une peinture allant au-delà de l'imaginaire. Il surprend, émeut, donne le vertige.

C'est ici que nous avons posé nos bagages pour quelques jours. Accueillies chaleureusement par Claudio, notre gentil hôte, qui nous donne quelques recommandations pour passer le plus agréable des séjours, la soirée nous paraîtra courte. Le temps des formalités dans ce qui sera notre « chez nous » pour quatre jours, que la soirée nous file déjà entre les doigts.
Un charmant restaurant nous accueille tardivement et nous fera l'éloge de ses meilleures pizza.
Cette journée de traversée, de route, aussi épuisante fut-elle, touche à sa fin, annonciatrice de nouvelles autres. Et je ne doute pas que celles-ci se dérouleront sous les meilleurs auspices. Riomaggiore nous livre déjà de belles promesses, qu'il nous tarde de voir de nos propres yeux.

C'est avec un grand enthousiasme que nous démarrons cette première journée. Le réveil sonne bien trop tôt ce matin-là, mais il faut bien cela pour profiter pleinement de ces trois petites journées. Tellement fières de la vue de notre appartement, on ne pouvait manquer un levé du jour depuis notre fenêtre pour rien au monde. 
Manque de pot ce matin-là, puisque la météo en a décidé autrement. Le temps est assez maussade mais on reste optimistes, le soleil finira bien par pointer son nez...

Après ce premier rendez-vous manqué, il est temps pour nous de déambuler dans le labyrinthe de ce village. Le ruelles se croisent et s'entrecroisent au rythme d'escaliers vertigineux.
Éveillées par l'odeur du jasmin qui inonde chaque coin du village, par-ci, par-là, notre chemin nous mènera petit-déjeuner dans une petite adresse trouvée au hasard de notre balade.

C'est rassasiées et le sourire aux lèvres que nous partons enfin, et sous le soleil, découvrir cette « Terre des Couleurs » comme on l'appelle communément ici. On s'enfonce doucement dans le village jusqu'à emprunter une sorte de tunnel piéton qui conduit à la partie nord/ouest du village qui comprend entre autre la gare, la Via dell'Amore, le château ou encore l'office du tourisme.

On espérait secrètement pouvoir emprunter la Via dell'Amore, célèbre sentier côtier reliant les villages de Riomaggiore à Manarola, c'est le sentier le plus court des Cinque Terre, et celui qui ne nécessite à priori aucune difficulté. Mais malheureusement, celui-ci est fermé depuis 2012 suite à des éboulements, et peine à ré-ouvrir depuis, avec un espoir chaque année mis de côté, le site ayant été très fortement endommagé. On parle d'une possible réouverture en 2016 ou 2017... à suivre... mais d'ici là, sachez qu'il y a toujours moyen de contourner les sentiers, car il existe des sentiers de randonnées de substitution, tous ont une couleur attitrée, classés par niveaux de difficulté. À vous donc de choisir celui qui vous convient... mais soyez prudents et réalistes, car les sentiers peuvent s'avérer beaucoup plus compliqués qu'il n'y paraît, en terme de dénivelés surtout.
Pour nous ce sera le train... par manque de temps bien évidemment :)
Avant d'emprunter celui-ci pour aller à la découverte d'un autre village, retour à Riomaggiore. Nous grimpons jusqu'au château, qui offre un superbe panorama sur la côte italienne et, sur son autre versant, depuis le château lui-même, une autre jolie vue surplombant le village. Pour y accéder, il suffit d'emprunter la longue montée à pied, au-dessus de la gare.

Égayées par le beau temps, qui était bien incertain jusqu'à présent, nous descendons jusqu'au petit port du village. Le paysage est unique, on se croirait dans une carte postale, ou dans un tableau Pinterest sur lequel on a rêvassé mille fois auparavant.
La mer semble calme ce matin-là, mais laisse supposer une agitation presque furieuse l'hiver venu. C'est comme cela que j'imagine cette riviera italienne. Des rochers abruptes et une mer méditerranée au tempérament de feu, un ensemble harmonieux sur lequel on y a accroché des murs colorés, sur des montagnes verdoyantes laissant imaginer une culture de vignes qui, au premier abord, a des allures de rizières asiatiques.

Plus bas, nous rencontrons un monsieur qui repeint ses volets, ici le vert est de rigueur, toutes les maisons arborent des tons chauds, tous différents mais un seul point commun subsiste sur chacune : le vert foncé présent sur chacun des volets.

Après le déjeuner, nous sommes de retour à l'appartement pour plusieurs minutes, quel bonheur de voir enfin un panorama digne de ce nom, mis en valeur par un temps plus-que-parfait. Notre appartement se situe dans le haut du village, juste à côté de la belle église du village, l'église San Giovanni Battista (autrement dit St Jean Baptiste).

Ce que l'on a le plus apprécié dans ce village - en plus de toute sa beauté extérieure - est son petit côté typique , qui ressemble beaucoup aux villages de chez nous, en Corse. Ses petits commerces de proximité dans lesquels on trouve de vraies pépites culinaires, dont la réputation italienne n'est plus à faire, on y trouve tout ce que la région fait de meilleur, à savoir :
du bon vin blanc, du sciacchetrà, du pesto, de la focaccia, du fromage, mais aussi des fruits aussi colorés que goutus. 
Mention spéciale pour le raisin (vous savez celui que l'on nomme italia et qui coûte très cher dans nos supermarchés ?). Pour les personnes comme moi qui détestent les pépins de raisin, je peux vous dire que c'est une aubaine, et au vu de son prix dans son pays natal, j'en ai fait une petite cure...

J'ai adoré, comme au village, papoter avec des petits papys qui n'ont jamais mis les pieds chez leurs voisins « d'en face » (ndlr: nous, les Corses) de nos points communs et de nos différences, de notre culture et de notre esprit contestataire. J'ai aussi aimé un tas de bonnes adresses dont il me tarde de vous parler... 

Riomaggiore, ses ruelles étroites, ses vignes, ses oliviers,  & son petit port de pêche, un dépaysement à l'architecture ancienne unique. Avec le recul, je suis ravie d'avoir élu domicile dans ce village et pas un autre, le plus grand des Cinque Terre, celui où nous y découvrions tous les jours quelque chose de nouveau. Je n'aurais pas pu rêver mieux comme rencontre.
Un village à cœur ouvert, dans lequel on lit toute la poésie de ses vagues, remous, un village tourné vers la marina, qui s'ouvre vers l'horizon, pour mieux voir au loin, ou pour mieux être vu, certainement. Un village qui ne laisse pas de marbre... et qui donne envie d'en voir plus.


Padoune

Corsica, 28 Avenue du Mont Thabor, Ajaccio, Corse, 20090, France